Pour prendre le virage 4.0, les usines québécoises doivent réinvestir dans leur département des technologies de l’information (TI) et repenser son fonctionnement. Sécurité, désuétude matérielle et réseautique : les chantiers sont nombreux, mais l’aventure en vaut le coup!

« Si une entreprise manufacturière doit choisir d’investir un million de dollars dans une chaîne de montage pour fabriquer 500 000 nouveaux produits par mois ou dans un système informatique pour automatiser sa facturation, c’est sûr qu’elle va choisir la chaîne de montage! »

Éric Cothenet, directeur Solutions technologiques chez NOVIPRO, donne cet exemple pour illustrer le défi que constitue le financement des infrastructures TI dans une usine. « Et ça se comprend, ajoute-t-il. Le cœur d’une entreprise manufacturière n’est pas de faire des TI, c’est de produire le produit qu’elle veut vendre. »

L’émergence du 4.0 change la donne complètement. Par exemple, les technologies opérationnelles (TO) comptent désormais sur le soutien des TI pour ajuster leur production en temps réel. À la lumière de ces nouvelles exigences, une mise à niveau des services TI devient dès lors nécessaire. Et pour ce faire, la première étape est de dresser une cartographie des TI actuelles, par le biais d’une analyse des forces, faiblesses, opportunités et menaces — communément appelée SWOT (strengths, weaknesses, opportunities, threats).

Un état des lieux

En faisant cet exercice, plusieurs entreprises constatent d’abord la désuétude de leur parc informatique. « Dans bien des cas, on part de loin, note Éric Cothenet. Certains systèmes sont désuets, roulent en surcapacité et auraient besoin d’investissements importants. D’autres sont mal utilisés par manque de ressources en TI. »

Il arrive aussi que le personnel n’ait pas les compétences requises. « Dans un département informatique, en particulier dans les PME, on trouve habituellement des généralistes — des gens qui s’occupent de l’équipement, des serveurs ou des copies de sauvegarde, explique le directeur. Ils ne sont pas préparés à assumer un rôle tourné vers le maintien de la connectivité, de la gestion des données et de la protection des systèmes contre les cyberattaques. »

Enfin, les TI et les TO doivent aussi parvenir à communiquer avec clarté et efficacité. « La grande faiblesse, du côté des TI, c’est qu’elles ne comprennent pas toujours la réalité du secteur d’activité de l’entreprise et les impératifs auxquels font face les technologies opérationnelles, constate Éric Cothenet. Or, elles doivent s’approprier ces enjeux pour traiter les données adéquatement, notamment en développant une terminologie commune. »

Connectivité, big data et sécurité

Par ailleurs, les TI ont aussi de grandes forces pour appuyer les TO. Prenons le chantier de la connectivité et du traitement des données : « La capture et le traitement des données sont des enjeux importants d’une usine connectée, souligne M. Cothenet. Or, la standardisation des données est une des forces des TI. Ça fait longtemps qu’elles en font, elles y sont habituées et elles ont une très grande maturité à ce chapitre. »

Même constat sur le plan de la sécurité informatique : « Dans l’industrie 4.0, la question de la sécurité est souvent occultée. Il faut toutefois se rappeler que dès qu’une machine est connectée, elle expose ses données au monde extérieur. Les services TI sont habitués à cette réalité. Ils savent comment gérer les risques de cyberattaques. »

Le nuage en renfort

Malgré tout, il est possible que l’entreprise doive se tourner vers des partenaires externes pour compléter sa mise à niveau.

Face à un parc informatique désuet, une option à considérer est de recourir à un service d’infonuagique. « L’avantage, c’est qu’on peut investir de manière progressive, explique Aurélien Debec, spécialiste en infonuagique d’affaires chez E-SPACE. Plutôt que de renouveler tout son parc et ses systèmes informatiques d’un coup, on choisit à la carte les services dont on a besoin. »

C’est avantageux d’un point de vue financier, car la dépense n’est plus considérée comme une dépense d’investissement, mais bien comme une dépense d’exploitation. Une telle approche laisse place à la croissance, car on n’a pas à investir une somme astronomique dès le jour 1. Un avantage considérable lorsque les budgets en TI sont limités.

Une fois le virage du département TI amorcé, il peut désormais assumer son nouveau rôle : soutenir adéquatement les TO dans leur transition vers le 4.0 ! 

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