Saviez-vous qu’en 2016, seulement 20 % des entreprises considéraient leurs infrastructures technologiques avant-gardistes? Bonne nouvelle : cette proportion a doublé en 2019 (41 %), comme le révèle notre portrait annuel 2020 des Technologies de l'information chez les moyennes et grandes entreprises canadiennes. De toutes les industries sondées, le secteur de la technologie, des médias et des télécommunications se démarque avec 67 % de ses équipements à la fine pointe, tandis que l’agriculture ferme le peloton (0 %). Autre donnée positive : de moins en moins d’organisations utilisent des solutions désuètes, et ce, tous secteurs confondus (6 % en 2016 vs 1 % en 2019).

Ces résultats encourageants témoignent de la confiance des compagnies envers les solutions technologiques. Les organisations issues du secteur de la technologie, des médias et des télécommunications se distinguent particulièrement. Par exemple, face aux changements rapides et à la transformation TI, 65 % des entreprises du secteur jugent leur savoir-faire adéquat et 28 % disent posséder une expertise supérieure pour opérer ces changements. Seuls 6 % des répondants détiennent des compétences de base en la matière.

Les TI alliées de l’industrie

Les entreprises des médias et des télécommunications voient les TI comme un partenaire hautement stratégique (49 %), la plus haute proportion parmi toutes les industries sondées. Les organisations du secteur mettent aussi davantage à profit les technologies d’analyse de données avancées en comparaison avec la moyenne nationale (43 % vs 29 %).

Notre portrait s’attarde aussi à quatre grands pans des TI, soit la cybersécurité, l’intelligence artificielle, l’infonuagique et les ressources humaines. Voici les principaux constats pour les entreprises technologiques et médiatiques.

Cybersécurité : au cœur des préoccupations

Alors que le nombre d’entreprises canadiennes victimes d’une cyberattaque s’est accru (37 % en 2019 vs 28 % en 2018), les organisations du secteur ont aussi été une cible de choix, à 42 %. Il n’est donc pas étonnant de constater que la sécurité (39 %) constitue l’enjeu principal de la prochaine année pour cette industrie.

D’ailleurs, 63 % des entreprises visées indiquent que la menace provient des fournisseurs, partenaires et clients, une proportion significativement supérieure à la moyenne canadienne (36 %). Cet écart témoigne des efforts supplémentaires à déployer pour sensibiliser ces fournisseurs et clients qui propagent, souvent non-intentionnellement, des liens malveillants et autres virus.

Justement, à la suite des récentes fuites de données survenues dans le secteur bancaire, plus d’une organisation sur deux (58 %) des technologies, médias et télécommunications a revu ses pratiques en matière de sécurité des données, un pourcentage plus élevé que la moyenne nationale (48 %).

Parmi les compagnies de ce secteur qui ont révisé leurs processus, 53 % ont investi dans des infrastructures. On peut donc se réjouir de la proportion importante d’organisations du secteur qui prennent au sérieux les menaces informatiques. Seule ombre au dossier, les entreprises technologiques sont mauvaises élèves en termes de transparence : seulement 36 % d’entre elles communiqueraient avec leur client en cas de cyberattaque.

« Même si les entreprises de cette industrie semblent davantage conscientisées à l’importance de la sécurité, elles devront redoubler d’efforts pour assurer leur protection contre les menaces externes », souligne Éric Cothenet, Directeur, Solutions technologiques. « Étant donné le flux d’informations et de données qu’elles transmettent, elles se doivent d’être irréprochables à cet égard. »

Intelligence artificielle : bien implantée

Les entreprises du secteur poursuivent leur lancée dans le monde des TI en remportant la palme du plus grand investisseur en intelligence artificielle dans les deux prochaines années (45 %). La moyenne nationale, quant à elle, se situe à 36 %.

Si 49 % d’entre elles le font pour augmenter leur productivité, 42 % misent surtout sur l’IA pour réduire leurs coûts de fonctionnement.

Contrairement à d’autres industries qui appréhendent les effets de l’IA à très court terme, 40 % des entreprises technologiques indiquent qu’elle affectera plutôt leur industrie d’ici 3 à 5 ans. Plus précisément, 26 % en ressentent présentement les impacts et 26 % estiment que les répercussions surviendront d’ici 1 à 2 ans.

Infonuagique : solution prisée

L’infonuagique a le vent dans les voiles. Près d’une entreprise sur deux (47 %) estime que cette technologie lui a permis de devenir plus performante que jamais. La proportion est encore plus élevée chez les compagnies du secteur de la technologie, des médias et des télécommunications (58 %) et elle l’est davantage chez les compagnies de transport (65 %).

Parmi les usages prévus de l’infonuagique, 48 % l’utilisent pour la sauvegarde des données, 48 % pour l’utilisation de mégadonnées (Big Data) et 42 % l’analytique. Si aucune entreprise ne rejette cette technologie parce qu’elle est trop complexe, 43 % le font en raison du manque de support et 50 % pour la performance jugée insuffisante. Pourtant, ce sont l’agilité et la flexibilité (53 %), le renouvellement du parc informatique (47 %) et la réduction des coûts (43 %) qui les motivent ou motiveraient à opter pour l’infonuagique.

Ressources humaines : défis importants à relever

Parmi les enjeux auxquels les départements des TI des organisations du secteur feront face en matière de ressources humaines, notons à 66 % le manque de formation et de développement des compétences, les enjeux de communications et de partage d’information (64 %), ainsi que le manque d’équilibre entre la vie personnelle et professionnelle (63 %) et les conflits intergénérationnels (63 %).

Dans notre étude, l’industrie des technologies et médias est l’une de celle qui obtient des pourcentages aussi élevés dans autant de catégories.

Malgré quelques lacunes et améliorations à apporter, notamment en cybersécurité, les entreprises du secteur de la technologie, des médias et des télécommunications sont en bonne position pour mener le bal de l’implantation des TI optimisées. Elles ne doivent toutefois pas s’arrêter en si bon chemin si elles veulent demeurer en avant de la parade.

En savoir plus sur le portrait des TI NOVIPRO/LÉGER 2020 : téléchargez l'étude complète.