Que ce soit pour innover, pour obtenir des gains de productivité ou par crainte d’être dépassées par la concurrence, 9 entreprises canadiennes sur 10 comptent faire des investissements en TI au cours des deux prochaines années.

C’est l’un des constats de la 2e édition du Portrait des TI dans les moyennes et grandes entreprises , qui présente les résultats d’un sondage mené par Léger pour le compte de NOVIPRO auprès de 467 décideurs d’affaires partout au pays.

Les raisons d’investir en TI sont variées : 40 % des entreprises le feront pour réduire leurs coûts et gagner en productivité, 30 % pour prendre de meilleures décisions et croître, 26 % pour innover et 25 %... pour survivre et assurer la pérennité de leur entreprise. Fait à noter : alors que 15 % des décideurs sondés en 2016 n’envisageaient pas d’investissements importants en TI au cours des 2 prochaines années, on voit cette proportion fondre presque de moitié cette année, pour s’établir à 7 %.

« D’après moi, les entreprises commencent à avoir peur, observe Yves Paquette, président-directeur général de NOVIPRO. Quand on voit des industries qui se sont complètement transformées à cause des technologies, on réalise qu’il y a une certaine urgence d’agir en matière de virage technologique. »

L’intelligence artificielle n’est pas encore une priorité

Si la vaste majorité des entreprises reconnaissent l’importance d’investir en TI, elles ne semblent pas pressées en revanche d’explorer le potentiel de l’intelligence artificielle. En fait, selon le Portrait des TI, seulement 23 % des entreprises ont identifié l’intelligence artificielle parmi les investissements qu’elles comptent faire. Une proportion qui grimpe cependant à 34 % chez les décideurs en TI.

C’est d’autant plus étonnant, étant donné les nombreux investissements et la présence au pays d’importants centres de recherche en intelligence artificielle, plus particulièrement à Montréal.

Pourquoi les entreprises  canadiennes  tardent-elles à  sauter  dans  le  train   de   l’intelligence    artificielle ?  « Elles ont sans doute besoin d’aide pour comprendre comment elles peuvent appliquer ces nouvelles technologies, avance Yves Paquette. Le danger qui nous guette cependant, c’est que si les entreprises d’ici ne sont pas prêtes à générer des projets concrets en intelligence artificielle, l’expertise locale qu’on développe en ce moment risque de s’en aller aux États-Unis... » 

On veut dompter les données !

Le Portrait des TI révèle en outre que les entreprises envisagent surtout de déployer des solutions TI en intelligence d’affaires (46 % des répondants), en analytique avancée (37 %) et en CRM (34 %).

Il s’agit de trois domaines où l’analyse des données est importante. On veut traiter des données pour améliorer la prise de décisions, voire en tirer un avantage concurrentiel. On souhaite aussi se doter d’outils performants pour mieux gérer les données concernant ses clients ou ses prospects.

L’avenir est aux données, c’est officiel. « Il est aujourd’hui impossible pour un humain de traiter toutes ces informations, dont la quantité augmentera encore de façon exponentielle, dit Yves Paquette. C’est pourquoi les entreprises investissent afin de multiplier les moyens de tirer de la valeur concrète de ces données. »

Investir... dans l’introspection

Pour une entreprise engagée dans un processus de transformation technologique, il peut être difficile de savoir où donner de la tête. On parle d’automatisation, d’usine 4.0, de mégadonnées, d’infonuagique, d’Internet des objets, et des promesses de l’intelligence artificielle ou de l’apprentissage machine (machine learning). Par où commencer ?

Sur   la   question,  Yves   Paquette   est   catégorique : « D’abord, les entreprises devraient investir dans une introspection. » Où se situe-t-on par  rapport  à  la  concurrence, par rapport aux  tendances du  marché ? « Il  faut faire ce diagnostic, dit le président-directeur général de NOVIPRO. Mettre en œuvre un projet TI qui va générer un gain pour l’entreprise, ça prend du temps et de l’investissement. »

Et dans un monde où le temps et l’argent sont offerts en quantité limitée... mieux vaut prendre un moment et viser juste, au lieu de tirer dans  toutes les  directions !