Virage numérique oblige, de plus en plus d’entreprises déménagent leurs données, leurs applications et parfois même leurs  infrastructures TI dans le « nuage ». Ce n’est pas une mode passagère : la tendance est lourde. Or, chaque organisation trouvera dans l’infonuagique des avantages et des inconvénients qu’il vaut mieux clairement cerner… avant de tout pelleter dans le nuage!

Même si leur entreprise ne l’a pas encore adoptée, la majorité (54 %) des gestionnaires TI au Canada voient dans l’infonuagique une solution d’avenir, selon le Portrait des TI dans les moyennes et grandes entreprises, réalisé par NOVIPRO et Léger. De ceux-ci, 52 % envisagent d’adopter l’infonuagique au cours des deux prochaines années. « Plusieurs entreprises en arrivent à la conclusion que le cloud est une solution gagnante d’un point de vue économique, mais aussi technologique et organisationnel, souligne Yves Veillette, directeur architecture et infrastructure technologique chez E-SPACE, une filiale de NOVIPRO. Le nuage leur fournit des gains d’efficacité en donnant notamment accès à des ressources supplémentaires (serveurs, capacités de calcul, logiciels, stockage) presque instantanément, et ce, sans nécessiter de lourds investissements dans leurs infrastructures TI. »

Cela dit, la réflexion concernant le passage à l’infonuagique doit aussi se faire en considérant les besoins d’affaires de l’organisation, les enjeux de sécurité, les coûts liés à la migration ou à la modernisation des applications utilisées actuellement, la formation des employés... En somme, un changement majeur qui entraîne une analyse en profondeur !

Qu’est-ce que l’infonuagique?

L’infonuagique désigne le recours à des services informatiques délocalisés, c’est-à-dire du matériel (des serveurs, par exemple), des plateformes de développement ou des applications (de courriel, de partage et d’édition de documents, entre autres) offerts par un fournisseur de services externe et livrés à l’entreprise par l’intermédiaire d’Internet ou d’un lien dédié.

Or, on distingue trois grandes catégories de nuages : publics, privés ou hybrides :

  • Nuage public : modèle le plus connu, dans un nuage public les données ou les applications sont hébergées dans un centre de données géré par un fournisseur externe – par exemple Amazon Web Services (AWS). Un nuage public a l’avantage d’être peu coûteux et facile à utiliser, mais le client a une plus grande part de responsabilité à assumer afin d’assurer la sécurité de ses données. C’est un peu l’équivalent de louer une unité dans un entrepôt public : des dispositifs de sécurité existent, mais parce que les biens se retrouvent dans un vaste espace où le va-et-vient est constant, l’idée d’y entreposer des lingots d’or ne viendrait à personne !

  • Nuage privé : « C’est un carré de sable dédié à un seul client », illustre Yves Veillette. Et si le risque de brèche de sécurité n’est jamais tout à fait éliminé, il est réduit de beaucoup lorsqu’on opte pour un nuage privé. « D’autant plus que pour y accéder, continue Yves Veillette, on n’utilisera pas nécessairement un lien de type Internet, mais un lien dédié branché directement au réseau du client. » Pour les entreprises qui opèrent des systèmes devant satisfaire à des exigences réglementaires en matière de protection de données confidentielles (une liste de comptes clients, par exemple), le nuage privé est obligatoire. En outre, le nuage privé confère plus de flexibilité afin de répondre plus spécifiquement aux besoins d’affaires du client.

  • Nuage hybride : Certaines entreprises n’ont pas besoin d’un niveau de sécurité accru pour l’ensemble de leurs services infonuagiques. Pensons à une entreprise qui dispose d’un catalogue de produits en ligne : comme ce catalogue renferme des données plus ou moins publiques, il pourrait très bien être hébergé sur un nuage… public. En revanche, le système qui traitera l’achat et le paiement des produits du catalogue sera, quant à lui, logé dans un nuage privé. L’adoption d’une solution infonuagique hybride permet ainsi à l’entreprise de réaliser des économies d’échelle en n’ayant recours au nuage privé que pour la portion critique de ses services TI.

Peser les pour et les contre des différentes solutions infonuagiques représente un élément de réflexion incontournable pour les dirigeants d’entreprise et les gestionnaires TI. Mais ce n’est pas le seul. Aussi, les articles de notre série aborderont les autres aspects à considérer dans votre plan « nuage » : l’enjeu de la sécurité, l’impact du cloud sur vos ressources humaines, la gestion de vos systèmes hérités (legacy systems) ou les principes de gouvernance de données. N’en manquez pas un!